15 juillet 998 - basse cour de Sant-Maloù
Tel est pris qui croyait prendre.
Je n'avais jamais compris le sens de cet adage.
Je l'ai appris à mes dépens.
La colère du seigneur de Sant-Maloù a cela de commun avec la vague marine: rien ne l'arrête.
Sauf la mort.
Sur un récif ou sur un rempart, qu'est que ça change?
Un Enragé.
Il écume de rage contre son adversaire qui l'a pourtant jugulé puis confiné dans sa cité.
Nous sommes assiégés.
Depuis un mois.
J'ai du mal à croire O'Kensse lorsqu'il me dit que la situation est risible.
Qui a-t-il de drôle, je vous le demande, à bouffer des racines et à boire de l'eau croupie?
"Ca forge le caractère! Et puis je te trouvais un peu enveloppé ces jours-ci!"
Sacré O'Kensse!
C'est vrai que ces derniers temps, nous avions enchaîné les victoires.
Et les banquets.
Il était temps que je me rationne.
Mais point trop n'en faut.
Même si le sort s'est acharné sur lui, il serait temps que le seigneur aux trois fées stoppe. S'il ne baisse pas pavillon, il ne nous restera que les draps sur la peau ... et la peau sur les os.
Mais rien a faire.
Il est têtu le breton.
"Non, Louis. Pas têtu, fier! Le breton est fier!"
Tu parles.
Jouer au chevalier ne m'amuse plus.
J'ai mérité de l'être réellement!
Un adoubement redonnera du courage aux hommes!
Du moins je l'espère.
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