10 juin 998 - Sant-Maloù.
"Pour qui se prend-il ce mécréant?"
"Vouloir épouser ma fille! Quel toupet. Comment peut-on être encore à notre époque aussi discourtois?"
"Lui qui a moins de quartiers de noblesse que mon dernier baudet et qui ne doit se confesser qu'une fois l'an!"
Je vous en passe et des meilleures:
"Le pourceau."
"L'athée."
"Le vilain."
"Le bougre."
"Le bouffeur d'excréments."
... et des pas mures:
"Le sodomite."
"Le pourfendeur de pucelles."
"L'ignoble fat."
Bref, mon hôte était exédé.
La cible de ces sobriquets disgrâcieux et que je vous sers tels qu'ils me reviennent?
Un jeune nobliau de province (comprenez hors Sant-Maloù et ses environs!) qui avait osé, sous les oeillades assassines des gourgandines, demander la main de l'une d'entre elles.
Le déshonneur!
Voilà un motif à la guerre.
TOUT était motif à la guerre.
Même la paix!
Surtout pour Monsieur de Sant-Maloù qui, en plus d'être soupe-au-lait et plutôt sanguin, détenait trois joyaux d'une valeur inestimable pour les quelques "coquins" (ce sont ses propres paroles!) qui ambitionnaient d'évoluer au sein de la noblesse tout en prenant du plaisir.
Ses filles.
D'autant plus que les vierges sont aussi rares qu'un curé sans bedaine!
C'était intolérable.
Pour les deux partis.
Je fourbissais mes armes sans avoir à choisir un camp!
Depuis rien n'a vraiment changé!
Sauf moi, peut-être!
Et encore.
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