27 mai 998 - Brocéliande.
Je repousse ma sortie de Brocéliande au plus tard possible.
Elle est comme une maîtresse attentionnée qu'on ne veut pas quitter!
A ses côtés le temps passe comme un long fleuve tranquille se jetant dans un océan de béatitude.
Plénitude des sentiments.
La quitter est un arrachement.
Faire durer le plaisir. Coûte que coûte.
"O'Kensse?"
"Oui!"
"Vas-tu enfin te décider à me révéler ton secret?"
"Du quel parles-tu?"
"Comment fais-tu pour que les gens ne remarquent pas que tu es... différent?"
"Illusion. Votre monde est si facile a berné!"
"Mais, ces vêtements sont vrais eux. Comment as-tu fait pour me les acheter sans un sou en poche?"
"Je viens de te le dire: illusion!"
"J'ai peur de comprendre ... Crois-tu que les marchands de Naoned vont apprécier la plaisanterie lorsqu'ils comprendront qu'ils se sont fait floués?"
"Quelle importance puisque tu as tes habits et que je me suis bien amusé! C'est le plus important, non?"
"Tu es fou. Et encore je suis en dessous de la vérité ... Et moi? Tu as pensé à moi? ... Ils vont lancés des tueurs à mes trousses ... Peut-être sont-ils déjà sur mes traces..."
"Ne t'en fais pas: tu ne reviendras jamais à Naoned."
Cette dernière phrase raisonne encore dans ma tête à la fois comme une sentence et une libération.
Sentence car elle met un terme définitif à mon enfance.
Libération car je peux enfin me consacrer à plein temps, à l'avenir radieux qui se dessinait devant moi.
"Adieu père Jean. Bonjour Korydwenn!"
"Adieu Louis. Bonjour Loeiz!"
"Que dis-tu?"
"Rien. Je disais au revoir à des amis!"
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