25 mai 2008 - appartement de Morrigan.
"Tu veux une cigarette?"
"Avec plaisir, Morrigan!"
"Un whisky?"
"Pourquoi pas?"
J'imagine mon père à ma place!
Lui, le fan du cinéma des années 50, visserait un vieux feutre sur son crâne, saisirait sa cigarette entre le pouce et l'index, prendrait une lampée de whisky et, avec un accent exagérément américain, dirait: "Alors pépée, que dirais-tu de dire ce que tu sais à Lemmy Caution, ton agent fédéral préféré?"
Ensuite, à l'image d'un Eddie Constantine au faît de sa gloire, il écraserait sa clope de la pointe de la chaussure avant de disparaître en sifflotant un air de mambo.
Seulement, moi, je me débats avec la réalité. Beaucoup plus glauque.
"Qui t'a payé?"
"Un type!"
"Quel genre de type?"
"Le genre qui ne sait rien mais qui obéit fidèlement!"
"Un porte flingue quoi!"
"Oui. On peut dire ça... Ou un proxo des bas quartiers!"
"Il était accompagné?"
"Qu'est-ce que j'en sais?"
"Arrête, tu veux! Ne me dis pas que dans ton taf, on est pas curieuse! ... Etait-il accompagné?"
"Je ne sais pas. Pas loin, il y avait une grosse berline noire qui attendait. Et... avec le taf que je fais, comme tu dis, j'ai aussi appris à ne jamais m'approcher des grosses bagnoles aux vitres fumées!"
"Oui mais t'as vu la plaque!"
"C'est vrai."
"Donne."
"OK. C'est 10.000!"
"10.000 euros? Tu me prends pour un mac ou quoi?"
"Ecoute, mon grand! Primo, c'est pas moi qui suis venue te chercher. Secondo, l'info vaut bien ça, tu peux me croire! Tertio, 10.000 euros, c'est environ la somme qu'il me faut pour m'acheter une nouvelle virginité. Tu piges?"
Mon cerveau se demandait comment trouver une somme pareille. Seul!
Le reste de mon corps, lui, vibrait au rythme des respirations langoureuses de sa poitrine. Opulence de l'âme.
C'était une garce.
Elle m'attirait. ... |