25 mai 2008 - quelque minutes plus tard.
Alors que je suivais Morrigan dans l'escalier, ce qui ne manquait pas de perspective, je repensais à ce cher Professeur Jacques.
"Papa" Jacques.
"Pour obtenir de l'info, pas la peine de se prostituer, ni de fouiller les poubelles. Non, les jeunes, pour être un bon journaliste il faut penser à mettre son masque et à danser le menuet!"
A l'époque, nous étions jeunes, naïfs et un peu cons: nous le prenions pour un vieux sénile un peu timbré!
On était complètement à côté de la plaque.
En fait, il nous avait tout dit: le journalisme n'avait plus de secret pour nous! Il s'est bien gardé de nous le dire.
Pour ma part, ça m'aurait fait gagner quatre ans d'études!
Le vieux radoteur!
Aujourd'hui, alors que le parfum de ma compagne m'ennivre, pendant qu'elle s'escrime à trouver ses clefs d'appart, je sais que sa phrase recellait plus de sens qu'on ne croyait de prime abord.
Il voulait simplement nous faire comprendre qu'il nous suffisait de cacher notre personnalité derrière un masque afin de camoufler le plus possible nos véritables intentions à notre interlocuteur.
Ensuite on se laisse guider, faisant croire à l'autre qu'il mène la danse.
Si vous réussissez ce tour de force,et que vous n'êtes pas trop épuisé, il (ou elle en l'occurrence!) vous mangera dans la main après.
Voilà pourquoi notre dialogue, à moi et à Morrigan, a été des plus crus.
C'était le seul moyen d'apaiser ses craintes, de dompter sa réticence.
D'une carne rétive, elle sera désormais, je vous en fais le pari, une jument de pure race prête à galoper si je la mène bien!
J'ai mis mon masque de salaud et nous allons danser toute la nuit.
Voici une "jacquerie" digne de mon bon professeur.
Si seulement Alex m'avait vu! ...
J'en aurais sûrement pris pour mon grade! ... |